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L'enrôlement un parcours de combattant pour les mauritaniens

Ce samedi 23 novembre était différent de tous les samedis de l'année 2013 encore une fois en France. Comme d'habitude, les samedis sont rythmé par des manifestations des mauritaniens qui contestent les conditions de l'enrôlement en réclamant la suppression de la carte de séjour française (obligatoire pour tout candidat à l'enrôlement). Depuis plus de six, les représentants de la diaspora mènent des actions de coup de point de type: occupations de l'ambassade de Mauritanie en France, manifestation devant les représentations de l'administration française...

Convaincus de la discrimination dont ils sont victimes, les membres de ce mouvement de contestation avaient saisi en haut lieu le président de la République afin de permettre à tous les mauritaniens présents sur le territoire français et européen de disposer de documents légaux et sécurisés à travers l'enrôlement. Cette initiative n’a pas eu de résultats positifs car depuis lors de nombreux candidats ont été rejetés pour défaut de carte de séjour française.

Est-ce légal ? Peut-on, à cet égard, justifier l’appartenance à un Etat par la présentation de documents d’état civil d’un autre Etat ?

Ces questions ont été posées au président Mohamed ould Abdel Aziz mais il n’a pas apporté des réponses claires qui satisfont tous les mauritaniens victimes parmi lesquelles :

  1. L’ambassade est sur le territoire français et que par ailleurs des filières de trafic de documents mauritaniens ont été dénichées en France. Alors l’exigence de la carte de séjour serait une manière de faire barrage aux faux papiers.
  2. De non mauritaniens ont à leur disposition des documents d’état civil mauritaniens. Certes beaucoup de non mauritaniens ont exploité les problèmes dont étaient et sont encore victimes pour la plus grande partie les mauritaniens noirs (Torture, racisme, esclavage exécutions extrajudiciaires…etc.).
  3. La carte de séjour est une phase parmi d’autre qui sera bientôt dépassée. Mais nous sommes dans le mois de novembre et cette ridicule phase est toujours en vigueur.

En épluchant les conventions signées et ratifiées par la Mauritanie, l’intégrité du territoire doit être respectée. Les fonctionnaires étrangers à la représentation ne doivent y pénétrer que lorsqu’il y a une autorisation des conseillers même si l'extraterritorialité des ambassades est une fiction juridique abandonnée au XIXe siècle.

Mis à part ce débat juridique sans fin, il est du moins inadmissible de fonder un état civil sur la base de celui d’un autre Etat. Aujourd’hui le problème est que bon nombre de citoyens mauritaniens se retrouvent sans emplois ou en situation irrégulière car ils n’arrivent pas à s’enrôler par défaut de la seule carte de séjour française.

En effet, les portes voix des mauritaniens victimes de l’enrôlement, ont voulu ce samedi 23 novembre 2013 jour des élections, qui ont tant fait couler d’encre et continuent de faire saliver tant de détracteur (la coordination des partis de l’opposition en Mauritanie), frapper un coup fort aux autorités mauritaniennes et en particulier aux autorités consulaires en occupant l’ambassade de Mauritanie à Paris. Pendant qu’une quarantaine de mauritaniens attendaient leurs tours pour aller jeter leur bulletin de vote dans les urnes. Un groupe de huit jeunes ont fait ce coup de force car ils n’ont pas eu cette chance de s’enrôler pour jouir de leur devoir de citoyens (aller voter) ou pire ils ne figurent pas sur les dites listes électorales. Un incident qui fait tache d’huile sur le déroulement des élections. Les jeunes de la diaspora restent déterminés à défendre leurs droits. Jusque-là, ils n’utilisent que les moyens pacifiques de contestation même si ce jour, ils ont été taxés de casseurs.

Force est de constater qu’avec ce coup de poing certains électeurs ont décidé de ne pas voter par solidarité à ce mouvement car nous ne sommes pas à l’époque de l’Antiquité grecque. Car dans la cité Athénienne, il y avait des citoyens qui jouissaient de tous les droits civiques et les non citoyens le plus souvent des esclaves et les métèques. Sommes-nous alors des métèques (étrangers de la cité) ?

En tout cas l’ambassadeur de Mauritanie en France a décidé ce jour de ne pas aller voter tant que les jeunes contestataires sont dans les parages. D’aucuns (sources anonymes) disent que l’ambassadeur n’est plus venu à l’ambassade ou ne vient que pour faire montre d’autorité. « Il ne nous respecte même pas » scande un fonctionnaire.

Pendant que le duel continue, dans les préfectures de l’ile de France, les mauritaniens qui détiennent les anciens passeports sont tout simplement refusés par le service des étrangers. Il faut proroger votre passeport disent-ils souvent pour avoir la carte de séjour chose qui n’existe pas car la procédure de prorogation est arrêtée. Une démocratie sans ses citoyens dans sa totalité n’est qu’une mise en scène pour encore une fois retarder les échéances.

Le philosophe Hamdou Raby Sy parlait d’ « une exigence de l’universalisation des droits de l’Homme » dans les années Taya. Il est malheureux et horripilant de constater un effet inverse dans ce monde actuel où les puits de pétrole et une forte croissance économique sont des garanties pour des régimes tyranniques, les violations des droits humains se démocratisent, les néonazies renaissent et se requinquent au cœur même du vieux continent.

Le devoir de mémoire est une exigence et une étape indispensable dans la pacification et l’unité d’un pays. Ces élections tombent à quelques jours du pèlerinage d’Inal. Pèlerinage, devoir de mémoire, deuil sont autant de concepts qui prouvent que le peuple est au rendez-vous de l’Histoire car il veut que la Mauritanie s’unit autour d’un idéal commun. Comme lors des mouvements de résistance contre l’occupant colonial. Selon Denis Collin, le devoir de mémoire est un nouvel impératif catégorique pour les sociétés modernes qui suppose que les groupes et les États analysent et donc reconnaissent les responsabilités de leurs régimes politiques passés, voire celles de leur nation, dans ces persécutions ou crises majeures.

Et non ! Le peuple refuse d’être enterré et écarté de son propre pays par des coups de ruse manichéenne comme l’enrôlement. Ecarter la moitié de la population du jeu démocratique est devenue une pratique courante en Afrique. Pourquoi les autorités mauritaniennes se précipitent-elles pour faire des élections sans son peuple ? Quelles seront les étapes suivantes après les différentes étapes de discrimination mises en application……..

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